Thursday, July 13, 2006

LA LIBERTÉ POUR QUOI LIRE ? DES BÊTISES (juin 1958)

Sonja ZIEMANN et Marek HLASKO, Niemcy, 1958


L’évasion dans la littérature et l’art, la surestimation de l’importance de ces activités définies selon l’ancienne optique bourgeoise, paraissent des conceptions très répandues dans les États ouvriers d’Europe où, en réaction contre les détournements policiers d’une entreprise de changement réel du monde, les intellectuels déçus en viennent à manifester une naïve indulgence pour les sous-produits, les redites d’une culture occidentale décomposée. C’est une illusion parallèle à celle qu’ils redécouvrent au sujet du système de la démocratie parlementaire. Le jeune écrivain polonais Marek Hlasko, interrogé par L’Express (du 17 avril 1958), justifie son intention de retourner en Pologne où, d’après les opinions assurées qu’il a émises, la vie est intenable et aucune amélioration n’est possible, par ce stupéfiant motif : « La Pologne est un pays extraordinaire pour un écrivain, et cela vaut la peine de supporter toutes les conséquences pour vivre dans ce pays et l’observer. »

Nous ne regretterons pas le recul du jdanovisme malgré l’intérêt stupide que rencontrent en Tchécoslovaquie ou en Pologne les plus misérables aspects de la fin de culture de l’occident : les expressions qui ne soit plus à l’extrême de la décomposition formelle, mais parvenues à la neutralité pure — disons Sagan-Drouet ou les motivations artistiques de la revue Phases. Nous comprenons la nécessité de revendiquer, contre la doctrine réaliste-socialiste encore puissante, une liberté totale d’information et de création. Mais cette liberté ne peut en aucun cas se confondre avec l’alignement sur la culture « moderne » découverte maintenant en Europe occidentale. Cette culture est historiquement le contraire d’une création : une série de répétitions maquillées. Demander la liberté de la création, c’est reconnaître la nécessité des constructions supérieures du milieu. Dans les États ouvriers et ici, la liberté véritable sera la même, et ses ennemis seront les mêmes.


« La liberté pour quoi lire ? Des bêtises », Internationale Situationniste, numéro 1, juin 1958 (Comité de Rédaction : Mohamed DAHOU, Giuseppe PINOT-GALLIZIO, Maurice WYCKAERT ; Directeur : G.-E. DEBORD)

La règle de ce bulletin est la rédaction collective. Les quelques articles rédigés et signés personnellement doivent être considérés, eux aussi comme intéressant l'ensemble de nos camarades, et comme des points particuliers de leur recherche commune. Nous sommes opposés à la survivance de formes telles que la revue littéraire ou la revue d'art.

Tous les textes publiés dans Internationale Situationniste peuvent être librement reproduits, traduits ou adaptés, même sans indication d'origine.

5 Comments:

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